Les activités
sociales et culturelles du C.E.
1 Définition
2 Financement
3 Gestion
4 Caractéristiques
a) Bons d’achat
b) Cadeaux
c) Retraites
d) 1% Logement
e) Mutuelles et assurances
f) Prêts
g) Secours exceptionnels
1 Définition
Le comité d’entreprise assure ou contrôle
la gestion de toutes les activités sociales et culturelles
établies dans l’entreprise au profit des salariés
ou de leurs familles ou participe à cette gestion,
quel qu’en soit le mode de financement, dans des conditions
fixées par décret en Conseil d’Etat.
Les activités sociales et culturelles sont établies
dans l’entreprise au
bénéfice :
* des salariés ;
* des anciens salariés ;
* de leurs familles.
Les salariés liés par un contrat de travail
temporaire ont accès, dans l’entreprise utilisatrice,
dans les mêmes conditions que les salariés de
cette entreprise, aux moyens de transport collectifs et aux
installations collectives, notamment de restauration dont
peuvent bénéficier ces salariés ; lorsque,
de ce fait, des dépenses supplémentaires incombent
au comité d’entreprise, celles-ci doivent lui
être remboursées suivant des modalités
définies au contrat de mise à disposition conclu
entre l’entreprise de travail temporaire et l’utilisateur.
La Cour de Cassation a retenu comme définition générale
de l’oeuvre sociale «toute activité non
obligatoire légalement, quelle qu’en soit sa
dénomination, la date de sa création et son
mode de financement, exercée principalement au bénéfice
du personnel de l’entreprise, sans discrimination, en
vue d’améliorer les conditions collectives d’emploi,
de travail et de vie du personnel au sein de l’entreprise».
Dans ce cadre, constitue une activité sociale dont
le comité d’entreprise ou d’établissement
peut à tout moment revendiquer la gestion, la prise
en charge par l’employeur, en dehors de toute obligation
légale ou conventionnelle, d’une partie de la
cotisation à une mutuelle, due par les salariés
ayant décidé d’y adhérer.
La subvention accordée par une société
à une association sportive d’intérêt
général, étrangère à l’entreprise,
dont le personnel n’est pas principalement bénéficiaire
ne constitue pas une activité sociale et culturelle
; la société est donc en droit de supprimer
unilatéralement cette subvention, qui n’est pas
une dépense sociale.
2 Financement
Le monopole de la gestion des activités sociales et
culturelles étant réservé au comité,
celui-ci utilise à cet effet les ressources prévues
par la loi, dont la principale est la contribution patronale.
Si la loi réserve au comité la gestion ou
le contrôle des activités sociales établies
dans l’entreprise, elle n’oblige pas l’employeur
à mettre gratuitement à la disposition du comité
les locaux nécessaires au fonctionnement de ces activités.
Le trésorier est chargé de gérer le
budget du comité. Ce budget étant autonome par
rapport à celui de l’entreprise, le comité
dispose presque toujours d’un compte courant ouvert
à son nom, sur présentation d’une copie
de la délibération désignant la ou les
personne(s) chargée(s) de s’occuper de ce compte
et habilitée(e) à signer les chèques.
A la fin de chaque année, le comité d’entreprise
doit faire un compte rendu détaillé de sa gestion
financière, qui est porté à la connaissance
du personnel par affichage. Ce compte rendu doit indiquer
:
* le montant et la nature des ressources dont il a disposé
dans l’année;
* le montant des dépenses effectuées pour
le fonctionnement du comité et pour la gestion des
activités sociales et culturelles ;
* le budget particulier de chacune de ces activités.
En cas de disparition de l’entreprise,
le comité décide de l’affectation des
biens et des sommes dont il dispose. Il opère cette
liquidation sous la surveillance du directeur départemental
du Travail.
Les biens ne peuvent pas être répartis entre
les salariés de l’entreprise ou entre les membres
du comité. Ils doivent être obligatoirement attribués
soit à un autre comité d’entreprise ou
interentreprises, soit à des institutions sociales
d’intérêt général.
En cas de fermeture d’un établissement, le
comité doit désigner comme bénéficiaires
de ses biens les comités dans lesquels le personnel
a été muté ou d’autres comités
d’établissement de l’entreprise.
Si une entreprise cesse d’avoir un comité d’entreprise,
soit par suite de carence, soit par diminution de l’effectif
en-dessous de 50, le fonctionnement des
activités sociales et culturelles est assuré
par l’employeur et les délégués
du personnel.
3 Gestion
Le comité assure la gestion des oeuvres sociales de
toute nature citées à l’article R. 2323-20
et qui n’ont pas la personnalité civile, à
l’exception des centres d’apprentissage et de
formation professionnelle.
Le comité a toute liberté pour utiliser ses
ressources et peut à tout moment créer de nouvelles
activités sociales et culturelles, ou abandonner celles
qui ne lui paraissent plus nécessaires, ou répartir
différemment les sommes attribuées à
chacune d’elles.
De nombreux comités consacrent une partie de leurs
ressources à des versements en espèces au personnel
de l’entreprise (primes de vacances, primes pour événements
familiaux, ...).
La jurisprudence a établi un certain nombre de règles
relatives à ces versements :
* ils sont parfaitement légaux s’ils répondent
aux critères de l’activité sociale et
notamment s’ils sont faits sans discrimination ;
* cependant, leur montant peut varier suivant la situation
hiérarchique ou le niveau de salaire des bénéficiaires.
4 Caractéristiques
Aux termes de l’article L. 2325-5du code du travail
(ancien article L. 2323-13), "le comité d’entreprise
assure ou contrôle la gestion de toutes les activités
sociales et culturelles établies dans l’entreprise
au bénéfice des salariés ou de leurs
familles ou de participe à cette gestion quel qu’en
soit le mode de financement..."
La loi n° 82-915 du 28 octobre 1982 a remplacé
l’ancienne l’expression "oeuvres
sociales" par celle "d’activités
sociales et culturelles".
Aucune définition légale n’a été
donnée de l’activité sociale et culturelle.
Les activités non personnalisées, répondent
aux objectifs suivants :
• l’entraide, à condition
que l’aide soit motivée par la seule gêne
du bénéficiaires.
• la restauration, dont la gestion
peut être exercée par le CE ou confiée
à un tiers
• les sports et les loisirs
• les enfants
• la culture, l’information et la formation
• l’aide aux consommateurs
Les activités sociales et culturelles gérées
paritairement :
Ces activités personnalisées, dont les organes
de direction sont composés par moitié de membres
représentant le CE, sont financées par ce dernier.
Les plus courantes sont les associations sportives et culturelles
ainsi que les coopératives de consommation.
Les activités contrôlées par
le CE.
Il s’agit :
• des activités énumérées
par l’article R. 2323-26: les sociétés mutualistes,
les caisses d’assurances sociales, les activités
d’aide au logement, les jardins ouvriers.
• des services sociaux et médicaux soumis à
un contrôle particulier : le rôle du comité
est différent selon que le service est légalement
obligatoire ou non. La marche général du service
médical est sous la surveillance du CE. Par ailleurs
le médecin du travail embauché et licencié
avec l’accord du CE assiste avec voix consultative aux
séances de ce dernier.
a) BONS D’ACHAT
Formule écrite constatant le droit d’une personne
d’exiger une prestation (définition du dictionnaire).
Ces bons d’achat se substituent aux primes. Ils représentent
un volume budgétaire important ( plus de 10 % de la
dotation ). Ils sont d’un coût minime puisqu’ils
sont exonérés de charges sociales.
b) CADEAUX
Ils sont presque toujours offerts en fin d’année.
Leur valeur moyenne est de l’ordre de 200F. De plus
en plus les bons d’achat les remplacent, exception faite
pour les enfants.
c) RETRAITES
Aucun texte législatif ne contraint les CE à
intégrer les retraités. La morale et la solidarité
voudraient qu’ils ne soient pas exclus et pourtant la
réalité est cruelle. Selon un récent
sondage, demandé par la CFDT, 43% de CE de moins de
500 salariés leurs ouvrent leurs activités,
23% pour les moins de 200 salariés. Là encore
ce sont les idées et les volontés qui font défaut.
Des expériences existent heureusement.
d) 1% LOGEMENT
La création d’une commission logement est obligatoire
dans les entreprises de plus de 300 salariés.
La direction décide de son utilisation mais le CE doit
toujours être informé et consulté.
Plusieurs possibilités s’offrent :
• Verser le 1% à un organisme
collecteur (comités inter-professionnels du logement,
chambre de commerce et d’industrie) qui finance la construction
d’immeubles, informe sur les prêts d’accession
à la propriété et accorde aux salariés
des entreprises adhérentes des prêts pour acheter
ou améliorer leur résidence principale, celle
de leurs ascendants, descendants ou conjoint.
• Réserver des logements pour
les salariés, leur location ne doit pas être
liée au contrat de travail.
• Prêter aux salariés
pour la construction ou l’aménagement de leur
résidence principale.
e) MUTUELLES ET
ASSURANCES
Les CE ont un droit de regard sur les mutuelles et les compagnies
d’assurance. Pour choisir un contrat groupe lisez attentivement
les clauses du contrat elles sont plus importantes que les
variations de tarif qui sont en général minimes.
Sachez faire la différence entre les mutuelles, les
institutions L4 (plus connues sous le sigle de Caisse de prévoyance)
et les assurances.
Les sociétés mutualistes sont
des groupements qui, au moyen des cotisations de leurs membres,
se proposent de mener dans l’intérêt de
ceux-ci ou de leur famille une action de prévoyance,
de solidarité et d’entraide, mais aussi d’assurance
collective. La mutualité c’est 25 millions de
ressortissants répartis dans 7000 sociétés.
Les institutions L4 ou caisse de prévoyance
sont gérées par les institutions de retraite
et régies par l’article L4 du code de la sécurité
sociale. Elles appartiennent à un secteur non lucratif
lorsqu’elles maîtrisent leur gestion (groupe Malakoff,
CIPC, AGRR) et peuvent être lucratives quand elles servent
d’intermédiaire à des compagnies d’assurances
(APJIS pour AGF, Uni Prévoyance pour UAP, ANIPS pour
GAN).
f) PRETS
Ils constituent une aide remboursable sans taux d’intérêt.
Ses bénéficiaires sont des actifs mais les règlements
intérieurs n’excluent pas les pré-retraités
et les retraités. Les CE n’ont pas vocation à
distribuer et à prêter de l’argent.
Il y a aussi des prêts consentis par une institution
financière, le CE servant là d’intermédiaire.
Leurs conditions d’attribution sont clairement stipulés
dans les règlements intérieurs.
g) SECOURS EXCEPTIONNELS
Il s’agit d’un secours financier de première
urgence non remboursable. Il peut être accordé
sur demande de l’intéressé ou sur proposition
d’un membre du comité.
La crise existe et le volume budgétaire de ce poste
s’accroît d’année en année
pour atteindre aujourd’hui jusqu’à 1,5
% voire 2 % du montant de la dotation des activités
sociales. Une difficulté pour les élus : en
établir le budget à l’avance.
Ces secours sont accordés lors de situations matérielles
cruciales : expulsions, saisies, coupures de gaz ou d’électricité...
Le CE peut alors intervenir et régler la dette.
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